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Nous y revoilà. Tout d'abord, je dois terminer cette vue de la ville. S'il s'agit d'une vue dans le lointain, dessiner ce genre de paysage n'est pas très compliqué, la perspective étant très aplatie. Je n'ai pas eu à faire de dessin de base. Sans la reproduire, je me suis inspirée d'une photo qui convenait, et après l'avoir bien observée, j'ai vaguement fait, depuis l'arrière-plan, un fond de taches allant du bleu le plus sombre du ciel (en haut), vers un gris plus sombre en avant-plan, en y ajoutant progressivement du noir. J'ai fait cela en touches carrées, disposées aléatoirement. On les voit encore un peu sur les photos du billet précédent. Ça c'est ma base pour les immeubles. Après avoir décidé la position de mon point de lumière, je précise le contour des immeubles "au feeling", de l'arrière-plan à l'avant-plan par des taches claires qui suggèrent les façades éclairées. Parce que nos belles villes modernes sont remplies de smog, le blanc de l'arrière-plan est plus jaune, et de plus en plus pur vers l'avant. De la même manière, les détails sombres se perdent progressivement dans le bleu à l'horizon et deviennent plus nets, plus foncés et dans des tons plus réalistes à l'avant-plan.

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On enlève ensuite délicatement l'adhésif...

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Et voilà ! On peut aller se coucher.

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Le lendemain, je trace les joints de ce qui sera le mur de béton sur lequel s'adosse la jeune fille au marteau, et j'applique un fond gris que je réchauffe avec un peu de jaune. C'est une base, et lorsqu'on ajoute du blanc ou du noir à une couleur, elle se refroidit forcément. Un fond plus chaud évitera donc un rendu trop froid après l'ajout des textures, par touches claires et foncées. Je termine en remplissant les contours du personnage avec un pinceau plus fin. Pas moyen d'en faire plus ce jour-là, tant pis, je me lèverai tôt demain.

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Fraîche comme un gardon qui a dormi quatre heures, je m'apprête, transcendée par la fièvre de l'enthousiasme, à faire courir un trait noir à l'intérieur des joints. Il se verra à travers les couches de peinture. Je prépare ensuite un gris plus sombre pour donner un peu de relief à ce béton.

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Mais à quoi ça ressemble la texture du béton ? Dans le doute, je retrouve une image dans un livre et je prends des notes. Ce genre de mise au point est indispensable pour ne pas faire de connerie et, devant un désastre confirmé, céder à une pulsion suicidaire en ingurgitant ses tubes d'acrylique. Le sirop de grenadine, lui, a bien meilleur goût, mais reste facultatif.

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J'ajoute alors les taches sombres, sur la base de mes notes et de mes gribouillis sur le béton, puis j'unifie la surface avec un jus plus clair. Je fais quelques rehauts blancs, et enfin, je dessine les ombres avec du noir très dilué, sur un pinceau que j'éponge copieusement sur du papier absorbant avant l'application.

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Je fais le sol de la même manière, je place mes lumières. Ne pas hésiter à se servir de ses doigts !

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Et je m'arrête là pour cette fois. Je peaufinerai les textures, les ombres et les lumières une fois le personnage peint, c'est plus facile une fois que les valeurs de l'ensemble sont cohérentes.

À bientôt !